On connaît l’attachement de l’ancien présentateur de Top Gear pour les mécaniques italiennes, mais son dernier texte va plus loin. Pour Clarkson, la survie de Lancia est une question de civilisation. Dans un monde de chiffres et de rentabilité, il rappelle que l’Italie ne fabrique pas des voitures, elle donne naissance à des êtres vivants.
« En Italie, une voiture est un être », écrit Clarkson. Selon lui, envisager la fermeture de Lancia pour des raisons purement économiques est tout simplement « impensable ». Avec son habituelle dose de provocation, il souligne que si Stellantis avait un jour envisagé de se débarrasser du blason à l’Elefantino Rosso, le groupe se serait heurté à « l’opposition de l’armée » — ou du moins de tous ceux pour qui l’histoire automobile a encore un sens.
Plus qu’une marque : un laboratoire d’innovations
Derrière l’ironie mordante sur les ventes passées de l’Ypsilon, Clarkson rend un hommage appuyé au génie technique de la marque. Il rappelle à ses lecteurs britanniques (parfois amnésiques) que Lancia a inventé l’automobile moderne :
- Les suspensions avant indépendantes.
- Le premier moteur V6 de série.
- La boîte à cinq rapports.
- Le châssis monocoque.
- La première recherche réelle sur l’aérodynamisme.
« On ne peut pas se débarrasser d’une entreprise avec une telle histoire simplement parce qu’elle perd un peu d’argent », insiste-t-il, citant les noms magiques qui font encore frissonner les passionnés : Stratos, 037, Delta Integrale, Aprilia.
L’Italie vs Le reste du monde
L’attaque finale de Clarkson est dirigée vers son propre pays. Il déplore que le Royaume-Uni ait laissé mourir ses marques historiques faute de passion réelle, là où l’Italie protège son héritage avec une ferveur presque religieuse.
Pour le journaliste, la Renaissance Lancia engagée en ce début d’année 2026 n’est pas seulement une stratégie commerciale, c’est une nécessité culturelle. Voir la nouvelle Gamma arriver sur le marché et l’Ypsilon reprendre les chemins du rallye est, selon lui, la seule réponse possible à ceux qui voudraient « démolir le Colisée pour faire de la place à une rotative ».
Une chose est sûre : que l’on aime ou que l’on déteste le personnage, Clarkson a raison sur un point. On ne juge pas une légende à son compte d’exploitation, mais à l’émotion qu’elle suscite quand on tourne la clé.


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