Bien avant que la puissance brute ou les appendices aérodynamiques ne dominent le paysage automobile, Lancia incarnait une vision singulière du luxe à l’italienne : celle des proportions parfaites, de la noblesse mécanique et d’une élégance sans ostentation. À travers ses modèles découvrables, la firme de Turin a hissé la conduite à ciel ouvert au rang d’art absolu.
De l’incontournable Aurelia B24, icône de la Dolce Vita, à la rare Flavia Cabriolet, jusqu’à l’extravagante Delta Integrale Cabriolet créée sur mesure pour Gianni Agnelli, SquadraLancia.fr vous invite à un voyage au cœur de ces pièces d’orfèvrerie aujourd’hui adulées par les plus grands collectionneurs.
Lancia Aurelia B24 Spider & Cabriolet : Le chef-d’œuvre de la Dolce Vita
Difficile d’évoquer l’automobile italienne des années cinquante sans s’arrêter sur la Lancia Aurelia B24. Dessinée par Pinin Farina, elle est considérée par beaucoup d’historiens comme l’une des plus belles créations à quatre roues de tous les temps.
- Une révolution sous le capot : L’Aurelia ne se contentait pas d’être spectaculaire. Elle abritait le tout premier moteur V6 de grande série au monde, conçu par Vittorio Jano, couplé à une boîte-pont arrière (transaxe) pour une répartition des masses idéale.
- Un mythe culturel : Popularisée sur grand écran (notamment dans Le Fanfaron de Dino Risi), la B24 — qu’il s’agisse du radical Spider d’origine à pare-brise panoramique ou du plus civilisé Cabriolet — est devenue le symbole ultime de l’insouciance et du raffinement de la Riviera italienne.

Lancia Flavia Cabriolet Vignale : L’innovation moderne en 4 vraies places
Au début des années soixante, Lancia réinvente le grand tourisme à ciel ouvert avec la Flavia Cabriolet. Habillée par la Carrozzeria Vignale sur un dessin de Giovanni Michelotti, elle tranche avec la concurrence par sa modernité technique remarquable :
- Pionnière technique : Première voiture italienne de série à adopter la traction avant, elle s’équipait d’un moteur 4-cylindres à plat (boxer) en aluminium et de quatre freins à disque.
- Une vraie décapotable de voyage : Contrairement à la majorité des cabriolets de l’époque limités à des configurations 2 places étriquées, la Flavia offrait quatre véritables places confortables, permettant d’avaler les kilomètres sans compromis sur l’habitabilité.
Lancia Appia Convertibile : Le charme aristocratique en réduction
Pour ceux qui recherchaient une élégance plus accessible mais tout aussi soignée, la petite Lancia Appia a elle aussi eu droit à ses déclinaisons ouvertes (notamment le Convertibile carrossé par Vignale).
Reprenant le célèbre moteur V4 à angle très étroit de la berline, l’Appia Convertibile conservait le souci du détail, la qualité des finitions et la finesse stylistique qui faisaient alors la signature inimitable de la maison turinoise.
Lancia Delta Integrale Cabriolet : L’ovni sur mesure de « l’Avvocato »
C’est sans conteste le chapitre le plus fascinant et atypique de cette dynastie. Comment transformer une reine du Championnat du Monde des Rallyes en une décapotable de villégiature ?
Ce caprice génial est né de la volonté de Gianni Agnelli, le tout-puissant patron de Fiat. En 1992, il commande un exemplaire unique de Lancia Delta HF Integrale Evoluzione Cabriolet. Équipée d’une capote en toile sur mesure et peinte en gris argenté avec un intérieur en cuir noir, cette Integrale décapitée demeure une pièce de collection unique au monde, conciliant la transmission intégrale du Groupe A avec le plaisir de la brise estivale à Saint-Tropez ou Saint-Moritz.
L’esprit Lancia : De la Dolce Vita au chrono
Admirer ces cabriolets aujourd’hui sur les pelouses de la Villa d’Este ou à Pebble Beach permet de comprendre la force de l’ADN Lancia. La marque ne s’est jamais enfermée dans un registre unique : elle a su passer de la grâce absolue d’une Aurelia B24 à la fureur victorieuse d’une Delta Integrale sans jamais perdre sa noblesse technique ni son identité esthétique.


