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Quand les Supercars s’offraient le luxe des détails Lancia : De Pagani à Morgan

En apparence, rien ne semble lier une hypercar V12 vendue à plusieurs millions d’euros à une citadine turinoise, ni un coupé britannique façonné à la main à une berline statutaire italienne. Et pourtant, sous le coup de crayon des plus grands designers et ingénieurs mondiaux, la banque d’organes de Lancia a régulièrement servi de matrice à des automobiles d’exception.

Pour les lecteurs de SquadraLancia.fr, retour sur ces emprunts méconnus mais hautement savoureux qui prouvent que le design Lancia a toujours eu une longueur d’avance.

1. Pagani Zonda & Lancia Y : Les commandes de climatisation de la citadine chic

Quand Horacio Pagani dévoile la Zonda C12 au Salon de Genève 1999, le monde découvre un cockpit d’orfèvre où l’aluminium taillé dans la masse se marie au carbone apparent. Pour animer la console centrale sans s’engager dans des coûts d’homologation démesurés, Horacio Pagani fait un choix pragmatique mais stylé : il sélectionne le boîtier de commande de climatisation et les aérateurs de la Lancia Y (type 840).

Dessinée sous la direction d’Enrico Fumia et connue pour ses déclinaisons élégantes comme l’Elefantino Rosso, la citadine Lancia offrait une ergonomie tellement soignée que Pagani s’est contenté d’enchasser ses boutons rotatifs dans une platine en aluminium brossé. Le résultat est si fluide que la majorité des propriétaires de Zonda n’ont jamais remarqué l’origine citadine de leur système de chauffage.

2. Morgan AeroMax & Lancia Thesis : Des feux arrière à LED posés… à l’envers !

Commercialisée à partir de 2002, la Lancia Thesis se distinguait par une poupe avant-gardiste aux optiques verticales ultra-fines composées de LED. Si la berline présidentielle est restée une rareté sur nos routes, ses feux ont immédiatement tapé dans l’œil des artisans de la maison britannique Morgan.

Pour le spectaculaire coupé AeroMax (2008) puis les séries ultérieures de l’Aero 8, les stylistes anglais cherchaient une signature lumineuse capable d’épouser la chute de poupe profilée « en goutte d’eau ». La solution ? Récupérer les feux arrière de la Lancia Thesis et les installer retournés à 180 degrés (inversés de haut en bas et de gauche à droite). Un coup de génie esthétique emprunté au Centro Stile Lancia.

3. De Tomaso Guarà & Lancia Thema : L’arrière de la berline au service d’un proto de course

Présentée en 1993, la De Tomaso Guarà fut l’ultime création supervisée par Alejandro de Tomaso. Déclinée en coupé et en barquette ultra-dépouillée, cette sportive radicale utilisait un châssis tubulaire et des suspensions issues de la compétition.

À l’arrière, pour encadrer l’imposante grille de refroidissement du moteur V8, les designers ont pioché dans le catalogue turinois en intégrant directement les larges blocs optiques de la Lancia Thema (Phases 2 et 3). La sobriété géométrique des feux de la berline italienne s’harmonisait parfaitement avec la poupe musclée de la Guarà.

4. Ferrari F40 & Lancia Delta / Thema : La quête de légèreté

Même la mythique Ferrari F40 n’a pas échappé aux composants Lancia. Dans sa quête absolue d’efficacité et d’économie de poids pour sa supercar anniversaire de 1987, Maranello a pioché dans le stock de pièces du groupe Fiat :

  • Les aérateurs rotatifs de la planche de bord en carbone sont strictement identiques à ceux des Lancia Delta et Thema.
  • Les commodos et interrupteurs secondaires dérivés des berlines Lancia de l’époque ont permis d’équiper l’habitacle spartiate sans alourdir la voiture.

Qu’il s’agisse de subtilités d’éclairage ou d’ergonomie intérieure, cette présence discrète sur des modèles vendus à des prix astronomiques démontre une fois de plus le niveau de raffinement et l’excellence du design Lancia.

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