|

Saga Italdesign – Épisode 1 : Lancia Megagamma (1978), l’acte de naissance du monospace

Bien avant que le terme « monospace » ne devienne courant, et six ans avant que Renault ne popularise le concept avec l’Espace en 1984, Italdesign et Lancia inventaient le concept du monocorps moderne. En 1978, le génial Giorgetto Giugiaro présente la Megagamma, un prototype révolutionnaire basé sur la mécanique de notre grande berline turinoise.

À la fin des années 70, face au durcissement des limitations de vitesse à travers le monde, Giugiaro comprend que la course à la performance pure va devoir laisser place à deux nouveaux arguments commerciaux majeurs : la baisse de la consommation et l’optimisation absolue du confort à bord. La Megagamma est née de cette intuition visionnaire.

« S’asseoir à bord » : L’ergonomie réinventée

Pour maximiser l’espace, Italdesign opère un retour aux sources de l’automobile du début du siècle, une époque où l’on montait dans une voiture pour « s’asseoir sur un siège » plutôt que de s’y glisser au ras du sol.

  • Plus haute, plus courte : Par rapport à la Lancia Gamma de série, la Megagamma est plus haute de 247 mm et plus courte de 290 mm.
  • Un habitacle géant : Malgré sa longueur réduite, l’espace intérieur disponible pour les passagers augmente de 170 mm.
  • Le secret du plancher plat : Giugiaro conçoit un plancher totalement plat, aligné avec la découpe des portières. L’espace technique situé entre la plateforme et ce plancher est astucieusement exploité per ospitare (pour accueillir) le réservoir et la roue de secours, libérant ainsi la totalité de la cabine pour les occupants.

Une Lancia Gamma sous une autre forme

Sous cette silhouette haute et cubique, la Megagamma reste une vraie Lancia. Elle emprunte l’intégralité de sa plateforme technique et son fameux moteur Boxer 4 cylindres de 2 500 cm³ à la Lancia Gamma.

Le prototype était réaliste, fonctionnel et immédiatement industrialisable. Si Italdesign avait volontairement lissé certains marqueurs stylistiques trop évidents pour donner au projet une portée universelle, l’ADN de la haute couture turinoise transpirait dans les finitions intérieures riches, technologiques et particulièrement innovantes pour l’époque.

Le saviez-vous ? La direction de Fiat de l’époque, jugeant le concept trop risqué et trop éloigné des standards de l’époque, refusa de lancer la Megagamma en production. Une frilosité historique qui permettra à Matra et Renault de s’engouffrer dans la brèche quelques années plus tard.

La Megagamma restera à jamais dans l’histoire comme le chaînon manquant entre la berline traditionnelle et le monospace moderne, prouvant une fois de plus que Lancia a toujours eu une longueur d’avance en matière d’ingénierie et d’audace.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *