Le Mythe en vente : La toute première Lancia LC2 cherche son nouveau pilote chez Artcurial

C’était une époque bénie où les monstres sacrés dépassaient les 390 km/h dans les Hunaudières. Une époque où une marque italienne a eu l’audace folle de défier l’armada Porsche sur son propre terrain. Le 27 janvier prochain à Paris, l’histoire refait surface : le châssis LC2-0001, la genèse du rêve italien en Groupe C, sera la star de la vente « Automobile Legends ».

Il y a des voitures qui sont plus que de simples assemblages de métal et de carbone. La Lancia LC2 est de celles-là. Elle incarne le panache à l’italienne : belle à se damner, rapide comme l’éclair, et née d’une collaboration qui ressemble à un « Dream Team » transalpin.

Lors de sa vente parisienne, la maison Artcurial proposera ni plus ni moins que le châssis 0001. La première de la lignée. Celle par qui la riposte a commencé. Estimation : entre 1,8 et 2,4 millions d’euros.

Une « Ferrari-Lancia » signée Dallara et Abarth

Si la LC2 fait autant rêver les collectionneurs, c’est parce qu’elle est le fruit d’une union sacrée. Pour contrer les invincibles Porsche 956 et 962, Lancia ne pouvait pas y aller seule. Le résultat est une fiche technique qui donne le vertige, même 40 ans plus tard :

  • Le Châssis : Une monocoque aluminium dessinée par le maître Gianpaolo Dallara, habillée d’une carrosserie Kevlar/Carbone d’une fluidité absolue.
  • Le Moteur : Exit le 4 cylindres de la LC1. Place à la noblesse d’un V8 Ferrari (dérivé de la 308 GTBi), gavé aux hormones par Abarth avec deux turbos KKK.
  • La Puissance : De 700 à 800 chevaux pour propulser le tout à près de 400 km/h.

C’est cette alliance de l’élégance Lancia, de la fougue Ferrari et de la sorcellerie Abarth qui rend cette voiture unique. C’est l’unique véritable Groupe C italienne de l’histoire.

Châssis 0001 : Une histoire de cicatrices et de gloire

Ce châssis spécifique porte en lui les stigmates des débuts. Pionnière, elle a essuyé les plâtres. D’abord à Monza en 1983, où une sortie de route aux essais prive Piercarlo Ghinzani de départ. Puis au Mans 1983, où, réparée et arborant le numéro 6, elle est confiée au trio de choc Alessandro Nannini, Jean-Claude Andruet et Paolo Barilla. Sa mission n’était pas de gagner, mais d’apprendre. Elle abandonnera à la 13e heure, trahie par un turbo, mais la légende était née.

Prête à rugir de nouveau

Aujourd’hui, la belle a retrouvé tout son éclat. Restaurée intégralement après avoir appartenu à la célèbre collection japonaise de Yoshijuki Hayashi, elle arbore sa mythique livrée Martini Racing. Plus qu’une pièce de musée, c’est une voiture prête à courir. Certifiée par Lancia Classiche (le graal de l’authenticité), elle vient de passer ses crack-tests et est vendue avec ses roues slicks.

L’heureux acquéreur ne s’offre pas seulement une voiture, il s’offre un ticket d’entrée pour les plus prestigieux événements historiques du monde (Le Mans Classic en tête).

Alors que Lancia prépare son retour en rallye avec l’Ypsilon HF, voir ressortir cette LC2 est un rappel puissant : la compétition coule dans les veines de cette marque depuis toujours.


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