Saga Italdesign – Épisode 4 : Lancia Orca (1982), l’aérodynamisme et la tech du futur sur une base de Delta 4×4
Présentée au Salon de l’Automobile de Turin en 1982, la Lancia Orca est la suite logique de la Medusa. Mais cette fois, Italdesign abandonne l’architecture à moteur central pour implanter sa vision aérodynamique sur une base technique révolutionnaire : la plateforme à transmission intégrale de notre future reine des rallyes, la Lancia Delta.
Le défi posé par l’Orca est bien plus complexe que celui de sa grande sœur. Avec un moteur transversal situé à l’avant et une transmission à quatre roues motrices (déconnectable), Giugiaro ne dispose plus de la liberté totale de dessiner une proue ultra-basse et effilée. Il doit composer avec les volumes de la mécanique tout en visant deux objectifs obsessionnels : un $Cx$ record et une habitabilité maximale.
L’équilibre parfait entre espace et pénétration dans l’air
Sous sa silhouette de berline bicorps à quatre portes, l’Orca réussit un véritable tour de force architectural :
- Un habitacle géant : Avec une longueur totale similaire à celle d’une Audi 80 de l’époque, l’Orca offre un espace intérieur supérieur de 170 mm à cette dernière.
- Le cœur d’une lionne : Sous le capot bat le bloc 1 600 cm³ Turbo de 140 chevaux issu des prototypes de développement de la Delta 4×4.
- Le sens du détail : Pour conserver un excellent coefficient de traînée malgré la hauteur du bloc avant, Italdesign lisse chaque ligne et purifie les vitrages, créant un profil d’une fluidité remarquable.
Un habitacle digne d’un film de science-fiction
Si la ligne extérieure impressionne, c’est à l’intérieur que l’Orca fait basculer le design automobile dans une autre dimension.
Faisant écho aux recherches ergonomiques de la Medusa, Giugiaro concentre toutes les commandes directement sur le moyeu du volant. Mais l’Orca introduit une innovation majeure : le cœur du volant reste fixe lorsque l’on tourne les roues, permettant aux boutons de rester parfaitement alignés sous les doigts du pilote. Plus fou encore pour 1982, ces commandes transmettent leurs informations au tableau de bord digital via des impulsions à ultrasons !
Une innovation sécurité en avance de quarante ans
Le feu de freinage avant : Parmi les trouvailles insolites de l’Orca se trouve un système de sécurité unique. Un signal lumineux spécifique est implanté sur la calandre avant. Lorsqu’on appuie sur la pédale de frein, ce voyant s’allume pour avertir les piétons sur le point de traverser ou les voitures arrivant en face que la Lancia est réellement en train de ralentir.
Si l’Orca est restée un concept-car unique, elle a servi de formidable vitrine technologique pour prouver la viabilité des transmissions intégrales compactes associées à des carrosseries hautement aérodynamiques. Un jalon essentiel qui annonce le virage technologique que la marque prendra tout au long des années 80.
