SquadraLancia.fr Le média indépendant consacré à Lancia

ACTUALITÉS / ESSAIS & AVIS

Essai POA : La Lancia Ypsilon HF 280 ch passée au crible par un passionné de mécaniques authentiques

POA

Alors que les premières livraisons de la nouvelle gamme sportive à l’Elefantino Rosso se profilent, l’équipe de Petites Observations Automobiles (POA) s’est penchée sur le cas de la Lancia Ypsilon HF. Pour découvrir cette citadine électrique survitaminée de 280 ch, Renaud Roubaudi a donné la parole à Quentin, un propriétaire au profil singulier venu tout droit de Rennes. Collectionneur éclectique de youngtimers — son garage abrite notamment des Citroën XM, Xantia, Saab 9000 et même une Simca Aronde —, il livre un regard sans complaisance sur cette sportive italienne d’un nouveau genre.

Un style extérieur qui assume son héritage

Dès le premier coup d’œil, cette déclinaison HF affirme sa personnalité face aux citadines généralistes du groupe Stellantis. L’élément le plus marquant demeure sans conteste la signature lumineuse arrière. Avec ses optiques circulaires en relief directement inspirées de la mythique Lancia Stratos, l’auto s’offre une identité visuelle immédiatement reconnaissable sur la route. Au centre de ce traitement soigné, les clignotants et le feu antibrouillard façon monoplace apportent une touche de modernité graphique.

La face avant n’est pas en reste avec son calice lumineux emblématique. Pour répondre aux contraintes dynamiques de cette version hautes performances, la proue adopte des écopes d’air latérales spécifiques, tandis que les passages de roues sont généreusement remplis par des jantes de 18 pouces chaussées de pneumatiques en 225 mm de large. Ces roues bicolores à effet turbine renforcent l’assise trapue d’une voiture qui suscite une curiosité quasi systématique auprès des passants.

Ambiance salon et touches sportives dans l’habitacle

À l’intérieur, l’Ypsilon HF cultive sa différence à travers des choix de matières audacieux. Les sièges baquets enveloppants arborent un habillage exclusif en Econyl bleu vif laissant transparaître des nuances orangées, une association chromatique typiquement italienne qui se prolonge sur les contre-portes et la planche de bord. On retrouve naturellement au centre le fameux « tavolino », cette petite table basse circulaire intégrant le chargeur de smartphone à induction.

Quelques compromis ergonomiques et d’équipements sont toutefois relevés au fil de la découverte. Quentin regrette notamment l’absence d’une instrumentation numérique personnalisée aux couleurs spécifiques HF, l’impasse sur un système hi-fi haut de gamme dédié ou encore l’absence de sièges chauffants, pourtant précieux pour optimiser la consommation hivernale sur une monture zéro émission.

L’épreuve de la route : Le différentiel Torsen change la donne

C’est dès les premiers tours de roues que la mécanique justifie son blason HF. Loin d’être un simple exercice cosmétique, cette version bénéficie de trains roulants profondément retravaillés, avec des voies élargies à l’avant comme à l’arrière et une traverse postérieure renforcée pour encaisser les 345 Nm de couple instantané.

L’atout maître de la monture réside dans son différentiel mécanique à glissement limité de type Torsen. À l’accélération en sortie de courbe, le système verrouille le train avant et tire l’auto vers la corde avec une vivacité remarquable. La fermeté de l’amortissement jugule efficacement les transferts de masse des 1 600 kg annoncés, conférant à la citadine une précision d’inscription et une motricité qui n’ont rien à envier aux sportives thermiques de la catégorie supérieure.

L’alternative de l’anticonformisme

Pourquoi choisir une Ypsilon HF électrique lorsque l’on affectionne les grandes routières hydrauliques des années 1990 ? Quentin avance une équation pragmatique combinant coût d’usage modéré au quotidien et volonté délibérée de rouler différent. Alors que les rues se saturent de modèles banalisés, cette citadine italienne offre une exclusivité rare et un tempérament attachant.

Le verdict met également en lumière le défi qui attend la firme de Turin : pour que ce retour sous les traits de l’Elefantino Rosso prenne toute son ampleur auprès des passionnés, la marque devra intensifier sa communication et affirmer sa légitimité sur le terrain de la passion automobile.

Pour visionner l’intégralité du reportage et écouter les impressions détaillées au volant, la vidéo complète de Petites Observations Automobiles est disponible en ligne :