Roberta Zerbi à cœur ouvert : Une Ypsilon thermique, le « luxe accessible » et… le rêve d’une nouvelle Y10 !
C’est sans doute l’intervention la plus franche depuis sa prise de fonction. Au Salon de Bruxelles, Roberta Zerbi, la nouvelle patronne de Lancia, a livré sa vision sans filtre. Entre mea culpa stratégique, offensive commerciale et clins d’œil nostalgiques, voici ce qu’il faut retenir du futur de la marque.
Si le stand Lancia brille par ses carrosseries rutilantes, c’est en coulisses, au micro de nos confrères italiens d’Automoto.it, que l’avenir s’est dessiné. Roberta Zerbi a tracé une feuille de route claire : Lancia doit être désirable, certes, mais surtout vendable.
L’Ypsilon part à la conquête des 70% manquants
C’est l’annonce la plus importante pour le marché : la gamme Ypsilon va s’agrandir. Roberta Zerbi fait un constat lucide : « Aujourd’hui, nos moteurs hybrides et électriques couvrent environ 30% du segment B en Europe, mais il nous manque les 70% restants. »
Pour capter cette immense part de marché, Lancia lancera dès le second trimestre 2026 une nouvelle motorisation thermique. L’objectif est clair : rendre l’Ypsilon accessible à une clientèle plus jeune ou simplement réfractaire à l’électrification forcée. Avec une honnêteté rafraîchissante, la CEO admet même qu’il était peut-être « risqué » de lancer la nouvelle Ypsilon avec une version électrique à un moment où les incitations fiscales se faisaient rares.
« Armani Exchange » plutôt que Haute Couture inaccessible
Quel est le vrai positionnement de Lancia aujourd’hui ? Premium ? Luxe ? Généraliste ? Roberta Zerbi a une formule parfaite pour Squadra Lancia : « L’élégance inclusive ».
Elle compare la stratégie de la marque à celle de la mode :
« Des secteurs comme la mode et le design d’intérieur le montrent : Armani avec Armani Exchange ou Zara rendent aspirationnel ce qui est accessible. Le concept est celui de la désirabilité abordable. »
Lancia ne veut pas être une marque de musée intouchable, mais proposer du « beau » que l’on peut s’offrir.
Le dilemme des légendes : Plutôt Y10 que Thema !
C’est la petite phrase qui va faire débattre les puristes dans les commentaires. Interrogée sur le retour potentiel d’une grande berline comme la Lancia Thema, Roberta Zerbi a surpris son monde :
« Je préférerais d’abord une nouvelle Y10. »
Une déclaration qui résonne fort. L’Y10, c’était la petite citadine chic, impertinente, la voiture qui plaisait aux femmes de caractère. Une préférence qui confirme que Zerbi souhaite ancrer Lancia dans un lifestyle urbain et dynamique.
Quant à la mythique Delta ? Le mystère reste entier. Initialement confirmée, son avenir est désormais suspendu au nouveau plan industriel de Stellantis qui sera dévoilé mi-2026. Prudence est mère de sûreté.
La Gamma et le Rallye : Les deux piliers
Enfin, le cap est maintenu pour le reste :
- La Lancia Gamma arrivera bien au second semestre 2026. Elle visera des segments que l’Ypsilon ne peut atteindre, indispensable pour la crédibilité de la marque.
- Le Motorsport reste la vitrine technologique et historique, essentielle pour transférer les compétences de la course à la route (comme on le voit sur les versions HF).
Roberta Zerbi impose son style : pragmatique, direct, et résolument tourné vers le client réel. Et si c’était ça, la vraie Renaissance ?
