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Sandro Munari : Le Dragon s’est envolé, la légende reste éternelle

Le sport automobile italien a perdu son plus grand ambassadeur. Sandro Munari, « Il Drago », s’est éteint à l’âge de 85 ans, laissant derrière lui un héritage qui définit encore aujourd’hui l’identité de Lancia. Sans lui, la Stratos n’aurait peut-être été qu’un rêve de designer, et Lancia ne serait pas la marque la plus titrée de l’histoire du rallye.

Introverti, précis, respecté par ses pairs autant que par ses rivaux, Munari était un dieu pour les tifosi. Un homme de peu de mots, mais dont chaque geste au volant pesait des tonnes de talent.

De la Fulvia au triomphe du Monte-Carlo

Né près de Venise en 1940, Munari débute par le karting avant de devenir copilote, puis pilote pour Lancia. C’est avec la Fulvia Coupé qu’il forge sa réputation.

  • 1967 : Premier titre de Champion d’Italie. Son copilote Lombardini le baptise « le Dragon » après avoir ressenti sa vitesse foudroyante.
  • 1972 : L’apothéose. Il remporte le Rallye Monte-Carlo avec plus de 10 minutes d’avance sur la Porsche 911 de Gérard Larrousse. Cette victoire offre à Lancia le titre de Champion International des Constructeurs, l’ancêtre du WRC.

Le pacte avec Ferrari : La naissance de la Stratos

Sandro Munari est l’homme qui a « construit » la Lancia Stratos. Le problème majeur du prototype était son moteur. Lancia voulait le V6 de la Ferrari Dino, mais Enzo Ferrari hésitait.

Le deal fut historique : Enzo accepterait de fournir les moteurs à condition que Lancia lui « prête » Munari pour la Targa Florio 1972. Munari s’exécuta, remporta la course sur une Ferrari 312 PB, et scella ainsi le destin de la Stratos.

Le Roi du Monte-Carlo

Entre 1975 et 1977, le duo Munari-Stratos devient imbattable sur l’asphalte alpin. Trois victoires consécutives au Monte-Carlo font de lui une icône mondiale. Bien que le titre de Champion du Monde des Pilotes n’ait été créé officiellement qu’en 1979, Munari remporta son précurseur, la Coupe FIA des Pilotes de Rallye, en 1977.

« Sandro Munari était l’un des symboles les plus autoritaires de notre histoire sportive. En cette année où nous revenons officiellement en WRC2, son exemple reste une référence concrète d’expertise, de vision et de passion. » — Roberta Zerbi, CEO de Lancia.

L’inspiration de Miki Biasion

Pour le double champion du monde Miki Biasion, Munari était l’idole absolue :

« Je l’ai rencontré quand j’avais 12 ans pour lui demander un autographe. Il a fait tomber les Italiens amoureux du rallye. Il a convaincu Lancia de construire la Stratos, tout comme j’ai plus tard contribué à la popularité de la Delta. Nous partagions cette passion pour la victoire. »

Un héritage vivant

Sandro Munari nous a quitté au moment même où l’Elefantino Rosso rugit de nouveau sur les spéciales mondiales en 2026. Sa rigueur, son silence et son génie aérodynamique restent gravés dans chaque ligne de la nouvelle Ypsilon Rally2 HF Integrale.

Adieu, Maestro. Le Dragon ne meurt jamais, il change simplement de cieux.

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